• L’art de la sieste

    Au XVIIIe siècle, la vie est plutôt agréable pour les pensionnaires de l’Académie de France à Rome. Logés et nourris, ces jeunes artistes ont pour seule consigne d’étudier les chefs-d'œuvre de la capitale des arts.

    Pendant ces quelques années privilégiées, il leur arrive même de recevoir leurs premières commandes. C’est le cas du peintre Vien : il doit réaliser une série de tableaux sur le thème de sainte Marthe. Mais tout ne se passe pas comme prévu… 

     

    L’art de la sieste
     

    Alexandre Roslin, Portrait de Joseph-Marie Vien, XVIIIe siècle, huile sur toile, 50 x 38 cm, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles 

     

    L’art de la sieste

     Joseph-Marie Vien, La Prédication de sainte Marthe, 1748, Collégiale royale Sainte-Marthe, Tarascon 

     

    Pour représenter quelques personnages secondaires, Vien a besoin d’un modèle âgé et barbu. Le peintre fait donc poser à plusieurs reprises un vieil ermite qu’il a rencontré dans les rues de Rome.

    Durant les séances de pose, le vieillard prend l’habitude de jouer des airs sur son violon.
    Alors que Vien en est à peindre l’un de ses pieds, il remarque que la musique s’est arrêtée. Levant les yeux de son chevalet, le peintre s’aperçoit que son modèle… s’est tout simplement endormi !
     

     

    Sans perdre un instant, il s’empare d’une feuille et dessine sur le vif le vieil homme en pleine sieste, son violon en équilibre sur la cuisse. La scène est si amusante qu’il décide d’en faire un tableau. Une fois éveillé, l’ermite est absolument ravi : quel honneur pour lui de devenir le sujet principal d’une œuvre ! 

     

    L’art de la sieste

     Joseph-Marie Vien, L’Ermite endormi, 1750, huile sur toile, 2,23 x 1,48 m, Musée du Louvre, Paris 

     

    Quand Vien expose le tableau à Rome, il fait l’unanimité. La toile rencontre un tel succès que l’ermite lui-même ne peut aller la voir sans attirer une foule de curieux.
    Aujourd’hui, dans l’œuvre de Vien, le cycle de sainte Marthe est un peu oublié, alors que L’Ermite endormi est accroché en bonne place au musée du Louvre !

    L’art de la sieste
     

    Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse, Vue du palais Mancini, où se trouvait l’Académie de France à Rome, gravure, 40 x 62 cm, Bibliothèque nationale de France, Paris 

    Article paru dans Artips 


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