• La belle ou la bête ?

    Un animal déguisé ? Une créature imaginaire ? Non, c’est seulement le portrait d’une fillette qui a véritablement existé ! Avec son visage recouvert de poils, la petite Antonietta Gonzales n’est pas une enfant tout à fait comme les autres.

    Pour tout comprendre, il faut revenir en 1547. Une grande fête est donnée pour le couronnement du roi de France Henri II. À cette occasion, de prestigieux cadeaux lui sont offerts. Dont un petit garçon à l’apparence étrange, rapporté des Îles Canaries… 

     

    La belle ou la bête ?

    Lavinia Fontana, Portrait d’Antonietta Gonzales, vers 1595, huile sur toile, 57 x 46 cm, Musée du Château de Blois 

     

    La cour est sous le choc : l'enfant est entièrement velu ! C’est un véritable « homme sauvage », une créature légendaire entre l’homme et l’animal.
    La créature est étudiée sous tous les angles. Stupeur : ce n’est pas un dangereux loup-garou mais un garçon terrifié qui se nomme Pedro Gonzales.
    Éduqué et anobli, il participe au prestige de la cour royale par sa rareté. Jusqu’à ce que la reine Catherine de Médicis décide de trouver une épouse au « sauvage du roi ».

     

    La belle ou la bête ?

     Anonyme, Pedro Gonzales, 1580, huile sur toile, 190 x 80 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne 

     

    La fiancée, d’abord effrayée, tombe finalement sous le charme de Pedro… C’est cette histoire qui serait à l’origine du célèbre conte La Belle et la Bête !
    De cette union naissent sept enfants, dont quatre sont aussi velus que leur père. C’est le cas d’Antonietta, qui est offerte en cadeau diplomatique à la maîtresse du duc de Parme, en Italie.
     

     

    La belle ou la bête ?
     

    Joris Hoefnagel, Pedro Gonzales et sa femme, Animalia Rationalia et Insecta (Ignis), 1575-1580, National Gallery of Art, Washington 

     

    Dans cette cour, la fillette rencontre la célèbre peintre Lavinia Fontana, qui fait son portrait. Cette artiste de la Renaissance peint de manière réaliste les traits d’Antonietta, figée dans sa luxueuse robe de cour.

    Quelques siècles plus tard, on identifie enfin l’origine de leur pilosité. Loin d’être des sauvages, les Gonzales étaient atteints d’une maladie rare, l’hypertrichose. 

     

    La belle ou la bête ?
     

    Lavinia Fontana, Portrait d’Antonietta Gonzales, vers 1595, huile sur toile, 57 x 46 cm, Musée du Château de Blois. Détail de l'œuvre 

     

    La belle ou la bête ?

    Lavinia Fontana, Autoportrait au clavicorde, 1577, huile sur toile, 27 x 24 cm, Académie de saint Luc, Rome 

    Article paru dans Artips


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