• Martine prend un coup de jeune


     

    Elle a déjà 62 ans ! L’occasion pour cette héroïne de la littérature jeunesse de se refaire une beauté. Ses albums ont ainsi été mis au goût du jour.

    Soixante-deux ans que Martine séduit les enfants du monde entier ! Et malgré les décennies qui passent, les ventes restent stables : ses aventures s’écoulent chaque année à 800.000 exemplaires en France, et 40 millions de livres en langues étrangères ont été vendus depuis sa création, en 1954. Pour autant, pas question de s’endormir sur ses lauriers de petite fille modèle. Afin de répondre à la demande de nouveauté exprimée par les fans, la maison d’édition Casterman en publiait chaque année un tome inédit, sous la plume de Gilbert Delahaye. Mais en 2011, Martine a dû faire face au décès de son papa, le dessinateur belge Marcel Marlier. Pour que l’héroïne séduise un nouveau lectorat, l’éditeur ressort, tout au long de cette année 2016, des albums revus et corrigés.

    Des textes plus modernes 

    Si les dessins d’origine, emblématiques, ont été conservés (seules les couvertures ont été légèrement repensées), les histoires et les personnages ont, eux, été modernisés. « Pour se rapprocher de nos lecteurs, nous avons atténué certains décalages entre le quotidien des enfants d’aujourd’hui et celui de Martine », explique Céline Charvet, directrice du catalogue jeunesse de Casterman. Les textes ont tous été raccourcis et modifiés afin d’être mieux compris par les enfants actuels. « Il y a davantage de dialogues et le vocabulaire est moins daté », poursuit Céline Charvet. Par ailleurs, une nouvelle origine a été attribuée à certains objets courants dans les années 1960 mais qui ont quasiment disparu depuis. Par exemple, dans l’édition de 1969 de Martine fête son anniversaire, la petite fille reçoit un tourne-disque en cadeau. Aujourd’hui, elle explique qu’il appartenait… à sa mère ! Les prénoms, eux aussi, sont plus contemporains : la copine Chantal devient Clara et Alain, le frère, s’appelle désormais Paul.

    Des stéréotypes gommés 

    Casterman a également profité de cette mise à jour pour abandonner certains stéréotypes. « Martine petite maman devient Martine garde son petit frère car la vocation des femmes n’est forcément de devenir mère », développe Céline Charvet. De même, le tricot ou la cuisine n’étant plus réservés aux filles, les garçons participent à ces activités. Quant à Martine, elle est davantage autonome et se révèle un peu moins parfaite. Des détails qui plairont sûrement aux enfants d’aujourd’hui… et à leurs parents !


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