• Où l’on apprend comment élever son enfant sans frais.

     

    Afrique subsaharienne. À proximité d’une falaise de sable, un oiseau est à l’affût. Il s’agit d’un Grand Indicateur (Indicator indicator), un oiseau bien connu pour son goût prononcé pour pour la cire et les larves d’abeille. Pourtant, ce n’est pas un nid d’abeilles qu’il guette, mais les allées et venues d’un autre oiseau : le guêpier nain (Merops pusillus).

    À l’instant même où ce dernier quitte son nid, creusé dans la falaise, le Grand Indicateur s’élance à tire-d’aile. Pour lui c’est le moment ou jamais d’agir. Mais que fabrique-t-il ? Tenterait-il de lui voler ses œufs ?

     

    Ni vu, ni connu

    Grand Indicateur, 2013, photo : Wilferd Duckitt
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    Bien au contraire ! Avec précaution, l’oiseau s’installe dans le nid et pond un œuf à côté de ceux du guêpier. Aussitôt fait, le Grand Indicateur prend la poudre d’escampette.
    À leur retour, les propriétaires du nid (qui ne savent manifestement pas compter) ne s’aperçoivent de rien. Ils vont donc couver leurs œufs, ainsi que celui du Grand Indicateur.

     

    Ni vu, ni connu

    Un couple de guêpiers nains, Kenya, 2013, photo : Adam John Bourke
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    Deux semaines après, le jeune oiseau parasite est le premier à sortir de l’œuf. Les guêpiers vont le nourrir en continuant de couver les autres œufs jusqu’à leur éclosion quelques jours plus tard.

    Mais le jeune Indicateur n’aime pas la concurrence… Muni à la naissance d’un crochet sur son bec, il va utiliser cette arme redoutable pour tuer un à un les autres oisillons.

     

    Ni vu, ni connu

    Un oisillon de Grand Indicateur (Indicator indicator) attaquant un petit de guêpier nain (Merops pusillus). Photo : Image extraite d'une vidéo publiée par la Royal Society Voir en grand 

     

    https://www.youtube.com/watch?v=-fhYy319fmk&feature=player_embedded

     

    Sans se poser de questions, les parents adoptifs vont donc nourrir le jeune Indicateur, seul rescapé de la couvée, jusqu’à son émancipation. En grandissant, l’oiseau perdra le crochet de son bec devenu inutile.

    Ce comportement, appelé « parasitisme de couvée », bien connu chez le coucou gris (Cuculus canorus), permet à l’oisillon parasite l’exclusivité de repas copieux et une croissance assurée… Et ce, en libérant les parents légitimes de toute contrainte. Pratique !

     

    Ni vu, ni connu

    Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) nourissant un oisillon coucou gris (Cuculus canorus), photo : Per Harald Olsen Voir en grand 

     

    Ni vu, ni connu

    Nicolas Huet et Jean Gabriel Prêtre, Indicateur à bec blanc, extrait du Nouveau recueil de planches coloriées d'oiseaux, 1838 Voir en grand 

     

    Article paru dans Sciencetips

     


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