• Prendre des vessies pour des lanternes

    Si cette locution dans le sens qu’elle a de nos jours, « se tromper grossièrement », n’est répertoriée que depuis le XIXème siècle, elle s’inscrit dans une métaphore très ancienne qui remonte au XIIIème siècle sous les formes « vendre vecies por lanternes » puis « faire de vessies lanternes ». Au XVème siècle, par exemple, on lit dans la fameuse Farce de Maître Pathelin : « Me voulez-vous faire entendant de vecies que ce sont lanternes ? ».

    Dans cet exemple on a à peu près un équivalant de « faire prendre des vessies pour des lanternes », « faire croire des choses absurdes et bizarres », selon la définition du Littré.

    On retiendra comme point commun à ces deux mots, sur lesquels on n’a pas manqué d’épiloguer à loisir en raison de leur valeur métamorphique, que la locution première est synonyme de « vendre du vent ».

    Toujours bien vivante en raison de son pittoresque, la locution a divers synonymes, imagés eux aussi : à « prendre des vessies pour des lanternes » correspondent les familiers « mettre à côté de la plaque », « se fourrer le doigt dans l’œil », « se foutre dedans », tandis que « faire prendre des vessies pour des lanternes » a comme équivalent « faire marcher », « mener en bateau », « rouler dans la farine » ou, dans l’ouest de la France, « faire croire que la lune est une crêpe ».


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