• Où l’on apprend qu’une balade au bord d’un lac peut faire avancer la physique.

    1762, Angleterre. Le très célèbre physicien Benjamin Franklin se promène au bord de l’étang de Clapham, près de Londres. Soudain, une drôle d’idée lui passe par la tête…
    Que se passerait-il s’il versait de l’huile sur l’eau de l’étang
    ? Curieux, il tente lexpérience et y verse l’équivalent dune cuillère à soupe.

     

     Ça baigne dans l’huile

    Portrait de Benjamin Franklin, 1767
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    L’huile forme une petite tache qui va se disperser très rapidement à la surface de l’eau. Il observe que sur presque un quart de l’étang (2000 m2), les vaguelettes habituellement provoquées par le vent ont disparu. Franklin comprend que lhuile recouvre l’étang, rendant sa surface extrêmement lisse.

    Il est impressionné, mais en reste là! Curieusement, il ne cherche aucune explication à ce surprenant phénomène.

     

    Ça baigne dans l’huile

    Tache d'huile sur l'eau
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    Ce n’est que 100 ans plus tard qu’un autre physicien, Lord Rayleigh, fait la lumière sur cette expérience. Il connaît la propriété des molécules d’huile. Il sait qu’elles sont un peu "schizophrènes".

    Leurs têtes, hydrophiles, aiment l’eau alors que leurs corps, hydrophobes, la déteste. Ainsi, lorsque les molécules d’huile entrent pour la première fois en contact avec l’eau, elles ne sont pas ravies.

     

    Ça baigne dans l’huile
     Lord Rayleigh dans son laboratoire
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    Elles vont donc se mettre dans la configuration la plus agréable pour elles : la tête au contact de l’eau et le corps, à la verticale le plus loin possible de l’eau. Ce faisant, elles s’alignent les unes à côté des autres, en rang d’oignon, formant ainsi une monocouche presque parfaite.

    Lord Rayleigh en déduit donc que la tache d’huile est formée d’une seule couche de molécules d’huile. S’il parvient à en mesurer la hauteur, il aura alors la taille d’une de ces molécules!

     

    Ça baigne dans l’huile

    Illustration Science Tips
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    Il divise donc le volume d’huile versé par la surface de la tache (h=V/S) et obtient un résultat proche d’un 1 nanomètre, soit 30000 fois plus petit quun cheveu. Lord Rayleigh a vu juste, c'est la première mesure de la taille d'une molécule.
    Dommage pour Franklin qui lui n
    ’était qu’à un cheveu près dune découverte majeure…

     

    Ça baigne dans l’huile

    Illustration Science Tips
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    Ça baigne dans l’huile

    L'expérience inaboutie de Benjamin Franklin - Flash 06 - e-penser (Vidéo)

    https://www.youtube.com/watch?v=4zDVjh5Fm1g

     

    Pour en savoir plus :

    Sur Benjamin Franklin 

    Sur l'expérience de Benjamin Franklin et comment la reproduire chez soi

    Article paru dans Science Tips


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  • La santé des écoliers est quelque chose qui ne se négocie pas, et cette commune française l’a bien compris. A Mouans-Sartoux, la mairie a décidé de créer une régie agricole pour mettre les produits bio au menu de ses cantines. 

    100 % de bio pour 100 % d’écoliers

    Située dans le département des Alpes-Maritimes, la commune de Mouans-Sartoux n’est pas loin d’être une exception culturelle. A l’heure où le bien manger est de plus en plus mis en avant, dans les établissements scolaires, les publicités télévisées, etc., la ville a mis en place depuis le 1er janvier 2012 une restauration scolaire 100 % bio grâce à ce qu’elle appelle une régie agricole.

    Le but est simple : utiliser un terrain de quatre hectares (agrandi à six depuis la mi-2016), qui devait à l’origine être utilisés pour des projets immobiliers, pour cultiver des fruits et légumes bio. Un potager sans pesticides et sans produits chimiques dont les fruits sont utilisés chaque jour pour approvisionner les cuisines des écoles de la ville.

    Ce sont ainsi mille repas quotidiens à servir dans la commune. « Il y a tellement peu d’agriculture pour répondre à la commande publique qu’il a fallu nous débrouiller nous-mêmes », explique Gilles Pérole, adjoint au maire de la commune et initiateur de cette régie agricole, à l’occasion d’un reportage pour l’émission Manger c’est Voter de la chaîne Public Sénat. « La proximité permet de cueillir les légumes le matin pour que les enfants les mangent à midi ». Ainsi, en plus d’avoir des légumes cultivés sans pesticides, ils arrivent frais dans les assiettes des écoliers.

    Cette commune a fondé une régie agricole 100 % bio

    Une partie du domaine cultivable de la régie agricole de Mouans-Sartoux

     

    Objectif zéro gaspillage

    On estime à 10 millions le nombre de tonnes de nourriture gaspillée chaque année en France dans tous les domaines de la chaîne de distribution, dont 540 000 tonnes rien que dans la restauration collective, où figure la restauration scolaire. « Toutes les restaurations collectives de France jettent à peu près un tiers de ce qu’elles cuisinent », raconte Gilles Pérole lors d’un reportage de l’émission Mille et Unes Vies.

    En plus de la création de cette régie agricole, la commune de Mouans-Sartoux a tout fait pour réduire son taux de gaspillage. « Quand on a commencé les pesées en 2010, il était de 149 grammes par repas. Et nous sommes maintenant à 30 grammes. Nous avons diminué de 80 % ». Un holà mis sur le gaspillage qui a également contribué à réduire de vingt centimes le coût de chaque repas.

    Cette commune a fondé une régie agricole 100 % bio

    Les écoliers participent au triage des aliments non consommés lors des repas 

     

    Un modèle pour le reste de la France ?

    A la question d’avoir une loi qui oblige les communes à posséder son propre potager bio pour approvisionner les cantines, Gilles Pérole répond qu’il faut aussi préserver des espaces agricoles proches des villes afin que celles-ci aient accès à un vivier de produits locaux et si possible bio. Mais il nuance tout de même : « C’est par ces petits gestes qu’on changera les choses. Je ne crois pas aux décrets d’État, aux changements qui viennent d’en-haut. Si chacun fait son action le monde changera. Et c’est un peu ce que l’on pratique à Mouans-Sartoux et on pourrait l’avoir sur la France, sur l’Europe, sur le monde ».

    Cette commune a fondé une régie agricole 100 % bio

    Les cuisiniers à l’œuvre dans la cantine scolaire 

     

    Produits d’origine contrôlée

    Les remarques sont en tous cas dithyrambiques de part et d’autre de la chaîne de production. Sébastien Jourde est l’agriculteur en charge des cultures : « Tout ce qu’on produit, même dans des calibres pas très standard, on sait où ça va. L’autre aspect positif, c’est le rapport aux cuisiniers, il y a beaucoup de retour. Je sais d’expérience quels légumes privilégier et ceux qu’il faut limiter ».

    Chez les enfants, l’initiative semble avoir finalement porté ses fruits et fait l’unanimité : « On mange des légumes et un peu de viande et c’est pas tous les jeudis qu’on a des frites.  » ; « Ce qu’on mange, ça a été cultivé et directement pris, c’est pas passé dans un magasin.  » ; « Pas de surgelés ou des choses qu’on trouve dans des grands magasins qui ont des conservateurs, des colorants.  » Et si eux sont satisfaits d’avoir de beaux et bons produits dans leurs assiettes, c’est sûrement tout ce qui compte.

    Cette commune a fondé une régie agricole 100 % bio

     Des écoliers participent à la récolte de pommes de terre

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • Informations que vous ignorez peut-être ?

    Aujourd'hui, une bonne glace se déguste avec insouciance. Ses amateurs ne se doutent pas de tous les aléas, intrigues et secrets d'État qui ont jalonné son épopée internationale.

    1. Premier glacier : Néron le pyromane

    Bien avant notre ère, les califes de Bagdad se délectaient déjà de sirops fruités refroidis dans la neige : les sharbets, « glaçons fruités ». Mais ironie du sort, Néron fut à l’origine des premiers engouements pour les desserts glacés. L’empereur qui fit incendier Rome faisait venir de la neige des Apennins, la réservait dans des caves puis la proposait lors de ses orgies, mélangée d’eau de rose, miel, fruits et résine. Si chic que toute l’aristocratie romaine se fit construire des caves à glace. 

    2. Marco Polo emprunte la recette aux Chinois

    À la fin du XIIIème siècle, Marco Polo rapporte de Chine les premières vraies recettes de glaces, fabriquées non pas avec de la neige, mais de l’eau mêlée à du salpêtre qui ruisselle sur un récipient contenant purée de fruits et… lait de Yak pour le congeler. Le dessert se répand en Europe. Il faudra toute de même attendre 1530 pour qu’un Sicilien trouve la géniale découverte en remplaçant le lait de yak par du lait de vache. Et les Italiens revendiquent la paternité des gelati

    3. La France prend l'avantage sur l'Italie

    Sacrée Catherine de Médicis ! C’est grâce à ses épousailles en 1533, avec le futur Henri II, que la recette de la glace à l’italienne (et du macaron) fut importée en France. Au fil des ans, le faiseur d’eau (préposé aux boissons) du roi mit au point une recette à base de liqueur de fruits gelés. Une telle merveille qu’elle fut décrétée secret d’État ! La glace était un mets de roi. Mais peu à peu, elle pénétra les sphères bourgeoises, malgré les foudres des médecins... Qu’importe ! La France du XVIIème siècle se prendra de passion pour la glace !  

    4. L'Italie reprend la main... à Paris

    Comme le disait Stendhal : « C'est en Italie et au XVIIème siècle qu'une princesse disait, en prenant une glace avec délices le soir d'une journée fort chaude : quel dommage que ce ne soit pas un péché ! ». En 1686, l’italien Procopio dei Coltelli ouvre à Paris le premier café-littéraire-glacier : le fameux Procope. La mode est lancée et quinze ans plus tard Paris comptera 250 cafés-glaciers ! Quant au Procope, qui en 1780 ne proposait pas moins de 80 variétés de glaces, il deviendra peu à peu le quartier général de Danton, Robespierre, Desmoulins et Marat… avides de douceurs. 

    5. Pour une crème glacée, l'Angleterre perd la tête

    1644. Charles Ier, roi d’Angleterre, prend à son service Tirsain, un cuisinier français qui a l’idée d’ajouter de la crème à ses glaces. Un choc pour le monarque ! En échange d’une dotation annuelle de 500 livres, il somme le cuisinier d’en garder le secret sous peine de se voir couper la tête. Mais c’est lui qui sera décapité en 1649. Libéré de ses obligations, Tirsain rentre à Paris et vend sa recette. Baptisée Glace napolitaine, elle fait un tabac ! Sous le règne gourmet de Louis XIV apparaîtront ensuite les premières glaces au chocolat, à la vanille et aux fleurs. 

    6. Les États-Unis s'en mêlent

    La folie glacière qui fondait sur l’Europe n’échappa pas à la sagacité américaine, y compris à la Maison Blanche. En 1816, James Madison, 4ème président des États-Unis, donna un banquet où fut servi en grande pompe un pudding glacé… qui causa l’évanouissement d’une invitée. Accusé de l’avoir empoisonnée, le cuisinier fut illico envoyé devant un tribunal. Mais la première dame, ayant trouvé le dessert délicieux, obtint son acquittement, ce qui lança la vogue des produits glacés outre-Atlantique ! C’est d’ailleurs une ménagère américaine qui inventa, en 1846, la première sorbetière à manivelle. Celle-ci fut remplacée en 1870 par un système de courroies à vapeur, autre invention US à laquelle succédèrent le cornet en 1904 et l’esquimau en 1923. Fin XIXème siècle, avec l’invention du gaz Fréon et du réfrigérateur, les États-Unis se lancèrent à fond dans la production glacière, tout comme l’Europe. La glace devient industrielle. Mais en France, le savoir-faire artisanal restera toujours une marque de fabrique grâce, entre autres, à des maisons comme Berthillon ou Béatrix…

    Remerciements à la Confédération nationale des glaciers de France, éditeur du Guide du glacier.


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  • Huang Dafa a passé 36 ans de sa vie à creuser un canal de 7 km de long pour apporter de l’eau dans son village. Une histoire qui tient presque de la légende et qui montre comment la détermination peut amener à réaliser de grandes choses. 

    Le vieil homme qui pouvait déplacer les montagnes

    En Chine, il existe une légende selon laquelle un vieil homme dont la maison était séparé du reste du village par deux montagnes. Cet homme décida de creuser à travers elles pour créer un passage direct et face à son courage et sa détermination, les dieux décidèrent d’enlever les montagnes. Depuis, l’expression du « vieil homme qui pouvait déplacer les montagnes » est utilisée pour décrire l’ambition face à une situation insurmontable. Cette histoire du vieil homme capable de bouger les montagnes trouve un écho bien réel dans la vie de Huang Dafa.

    Huang Dafa vient du village de Caowangba situé dans une région montagneuse pauvre où la seule source d’eau était insuffisante pour l’ensemble des habitants. Face à ce problème, les deux seules solutions étaient soit de partir, soit de ne rien faire et continuer à manquer d’eau et de nourriture. C’est ce qui a motivé Huang Dafa à agir pour trouver une troisième solution.

    Creuser dans la montagne pour apporter l’eau dans son village

    10 ans de travaux pour rien

    L’homme a eu une idée totalement folle : construire un canal pour ramener l’eau depuis Ybiao, un village séparé de Caowangba par trois montagnes. Un projet totalement fou mais pourtant Dafa réussit à convaincre une petite équipe à le suivre et, en 1959, ils commencent les travaux de ce canal. Les villageois passèrent 10 ans à creuser un tunnel de 100 mètres à travers la montagne utilisant seulement des outils manuels. Pourtant, après tous ces efforts et ce temps passé, l’eau ne coule toujours pas.

    Huang Dafa comprend alors que sa seule volonté ne suffit pas et qu’il lui faut aussi apprendre des connaissances sur l’irrigation et sur les canaux. Il part donc pendant plusieurs années étudier l’ingénierie des systèmes d’eau et revient en 1990 dans son village.

    Creuser dans la montagne pour apporter l’eau dans son village

    Un canal qui a sauvé son village

    Il va alors reformer une équipe de volontaires et reprend à zéro la construction de son canal. S’investissant nuit et jour dans ce projet et allant même jusqu’à totalement délaisser sa vie de famille, Dafa finit par achever ce rêve débuté 36 ans plus tôt. En 1995, il inaugure un canal long de 7 km, canal qui est naturellement nommé en son honneur Dafa Channel.

    L’eau coule désormais dans le village de Caowangba. Selon ECNS, ce canal bénéficie à près de 1200 personnes et a fait passer la production de riz de 25 000 kilogrammes par an à 400 000. De plus l’arrivée du canal a aussi été accompagnée de celle de l’électricité et d’une nouvelle route, deux autres projets eux aussi initiés par Dafa.

    Creuser dans la montagne pour apporter l’eau dans son village

    La puissance de volonté

    Aujourd’hui encore, Huang Dafa continue toujours malgré ses 80 ans passés à surveiller le bon fonctionnement de son canal. L’homme est devenu une légende dans son village et il est l’incarnation vivante du « vieil homme qui pouvait déplacer les montagnes ». Son histoire vient surtout nous montrer la puissance de la volonté. Comme une note d’espoir universelle, elle nous rappelle que même quand tout semble impossible, il faut toujours croire en ses projets.

    Creuser dans la montagne pour apporter l’eau dans son village

    Article paru dans Daily Geek Show


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  • 11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    La langue française fait preuve d’une incroyable richesse. Mais malgré cette grande diversité, il arrive que certains mots étrangers ne trouvent aucun équivalent dans la belle langue de Molière ! Eh oui, certaines cultures possèdent des mots aux définitions bien précises et intraduisibles dans les autres langues. Ainsi, SooCurious a dégoté pour vous 11 mots qui n’ont pas leur équivalent dans les langues étrangères. 

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    11 mots qui n’ont aucun équivalent dans les autres langues

    Nous aurions difficilement imaginé qu’il existe un mot en suédois qui désigne la réflexion de la Lune sur l’eau ressemblant à une route infinie. Nous avons aussi été très surpris d’apprendre que « dépaysement » ne se traduit pas dans les autres langues. En tout cas, c’est très intéressant de voir les différentes richesses et petites particularités que possède chaque culture. Parmi ces mots, quel est celui que vous auriez aimé avoir dans la langue française ?

    Article paru dans Daily Geek Show


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