• Sacré nounours

    Où l’on découvre qu’il ne faut jamais perdre l’espoir de devenir célèbre.

     

    1922, à Paris. Le sculpteur François Pompon expose au Salon d’Automne. À 67 ans, et malgré une longue carrière, l’artiste est encore un quasi inconnu. Pourtant, tout bascule cette année-là...

    Jusqu’ici, Pompon n’a pas vraiment connu le succès. Ce n’est pas faute d’être doué ! Dans sa jeunesse, il se fait la main comme ouvrier marbrier dans une entreprise de pompes funèbres. Puis, pendant des années, il sculpte pour les autres, taillant le marbre pour les grands sculpteurs de l’époque comme Auguste Rodin et Camille Claudel.

     

    Sacré nounours
     

    Georges Aubert, Portrait de François Pompon, 1926, gravure,Bibliothèque nationale de France, Paris

     

    Les choses changent lorsque Pompon délaisse les bustes pour ne plus sculpter que des animaux. Il passe ses journées au Jardin des Plantes avec son établi portatif, devant ces modèles à plumes et à poils qui ont le mérite d’être gratuits.

    Posté devant les cages, l’artiste observe pendant des heures et des heures les animaux exotiques. Son sujet de prédilection ? Le grand ours blanc de la ménagerie… Pompon vient même si souvent que l’animal finit par le reconnaître !

     

    Sacré nounours

    François Pompon dans son atelier sculptant un pigeon, vers 1930, Musée des beaux-arts, Dijon

     

    Contrairement au style expressif et détaillé de ses contemporains, Pompon élague et simplifie sa sculpture.

    Plus c’est simple, mieux c’est ! « Je fais l’animal avec presque tous les falbalas, et puis, petit à petit, j’élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable », explique-t-il. Pour lui, c’est une façon de représenter « l’essence même de l’animal ».

     

    Sacré nounours

    François Pompon, Ours blanc, entre 1923 et 1933, pierre, 1,6 x 2,5 m, Musée d’Orsay, Paris

     

    Présenté en 1922, son Ours blanc grandeur nature remporte un franc succès. Les visiteurs saluent la modernité et la puissance qui émanent de sa silhouette lisse et arrondie.

    Cependant, cette renommée tardive n’entamera en rien la modestie de Pompon : « Quand vous avez un succès, conseillait-il, enfermez-vous dans votre atelier et travaillez. »

     

    Sacré nounours

    François Pompon, Ours blanc, 1922, plâtre, Musée des beaux-arts, Valenciennes

     

    Sacré nounours

    François Pompon, Hippopotame, entre 1918 et 1931, bronze, 14 x 22 cm, Musée d’Orsay, Paris

     

    Article paru dans Artips 


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