• Où l'on apprend que le malheur des uns fait l'inspiration des autres.

    Années 1870. Le peintre Dante Gabriel Rossetti est fou amoureux ! L’élue de son cœur s’appelle Jane. Sauf qu’il y a un « mais » : la dame est mariée… et pas à n’importe qui.
    Ce tableau que Rossetti peint à la même époque donne un indice. Il représente la belle Jane avec des lèvres charnues, de grands yeux et une épaisse chevelure, suivant l’idéal de beauté du groupe préraphaélite auquel il appartient.

    Surtout, il la peint sous les traits de la divinité grecque Proserpine, symbole des mariages malheureux.

    Ayant épousé contre son gré le dieu des Enfers, elle est forcée de vivre dans le sinistre royaume de son époux six mois de l’année, où elle dépérit jusqu’à l’arrivée du printemps…

     

    Un mari ouvert
     Dante Gabriel Rossetti, Proserpine, 1874, huile sur toile, 121 x 61 cm, Tate Britain, Londres Voir en grand

     

    Si Rossetti choisit de peindre son aimée Jane sous les traits de la déesse, c'est parce que son mariage à elle n'est pas plus joyeux ! Son mari n’est autre que le meilleur ami de Rossetti, William Morris.

    Ce dernier est parfaitement au courant de l'idylle entre son épouse et le peintre, qui ne font pas l'effort de se cacher.

    Morris a fini par se résigner. Beau joueur, il aurait lui-même suggéré l'idée de ce tableau.

     

    Un mari ouvert

    George Frédéric Watts, William Morris, 1870, huile sur toile, 64 x 52 cm, National Portrait Gallery, Londres Voir en grand

     

    Admirateur de la peinture de son ami Rossetti, il lui propose le thème de Proserpine. N’étant plus à un affront près, il lui conseille, tant qu'à faire, de prendre Jane comme modèle.

    Voilà comment se sortir d’une situation humiliante avec panache !

     

    Un mari ouvert

    Anonyme, Jane Morris, 1865, photographie, St Bride Library, Londres Voir en grand 

     

    Un mari ouvert

    William Holman Hunt, Portrait de Dante Gabriel Rossetti, vers 1882, huile sur panneau, 30,2 × 22,9 cm, Birmingham Museum and Art Gallery Voir en grand 

    Article paru dans Artips 


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